Emploi des cadres

Publié le par Solidaires assurance

2011, année de tous les dangers pour l’Apec
 

 

conviennent que l’organisme paritaire ne peut plus rester assis entre deux chaises, avec d’un côté une mission de service public et de l’autre des ambitions dans le champ concurrentiel. La polyvalence n’est plus un dogme.

 

Le président du conseil d’administration, Éric Verhaeghe (Medef), n’exclut pas que l’association se recentre sur des missions d’intérêt général, financées par les cotisations (70 % des ressources totales), comme le lui souffle la Cour des comptes.

La réflexion est ouverte, sans exclusive, une option devant être retenue dans les prochains mois et traduite dans le budget 2011. Menacée jusque dans son existence, l’Apec devra se serrer la ceinture, plus que prévu. Il ne suffira pas de revoir les baux et de réduire les frais courants. Les salaires seront gelés. Le directeur général, Jacky Chatelain, n’hésite d’ailleurs pas à faire comprendre à ses collaborateurs qu’ils sont bien mieux rémunérés que leurs homologues de Pôle emploi.

En outre, les départs ne seront pas remplacés. Même les prestations seront rognées. Plus question de déployer de nouveaux services. Place à l’automatisation et aux services à distance, sur le modèle de Novapec. Cet espace de conseil en ligne permet de faire le point sur sa stratégie professionnelle, avant de passer à l’action en utilisant son réseau ou en s’entraînant à l’entretien d’embauche. Le tout à coup de tests numériques. Une démarche d’optimisation, sous couvert de modernité.

Mais renoncer totalement aux prestations facturées (13 M€ en 2009) signifierait un plan social d’envergure touchant principalement les conseillers mobilité et les consultants spécialisés. Traumatisant, après le délestage du pôle publication cédé au groupe de Gérard Touati en mai dernier. Jacky Chatelain, lui, refuse la monoculture orientée vers l’intérêt général. « Cela se fera sans moi », a-t-il récemment lâché, lors d’une réunion interne.

Une façon de dire qu’il mettra sa démission dans la balance. Il n’empêche : la présence de l’organisme du boulevard Brune sur le marché concurrentiel risque d’être réduite à sa plus simple expression. Certains administrateurs, comme Éric Peres, secrétaire général de FO-Cadres, plaident pour une activité concurrentielle à la marge, à condition que soit mise en place « une cloison étanche, par le biais d’une comptabilité analytique irréprochable ».

D’autres verraient bien l’Apec occuper exclusivement le champ de l’aide aux cadres en difficulté, y compris les jeunes diplômés. Non seulement en les aidant à trouver une situation, mais aussi en les soutenant financièrement par un mécanisme de « droit de tirage ». Le débat ouvert au séminaire stratégique devra être tranché d’ici décembre.

 


Gestion Sociale, du 28/10/2010

Publié dans Lu pour vous

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article