Et si le comportement des entreprises était seulement d’obtenir un rendement du capital élevé, non corrigé du risque ?
Nous posons l’hypothèse suivante : le comportement des entreprises(européennes ou américaines) consiste seulement à réaliser un rendement du capital anormalement élevé, sans correction pour le risque.
De cette hypothèse, il découle de nombreuses conséquences :
les délocalisations vers les pays émergents à coûts de production faibles sont plus importantes que ce qui serait efficace économiquement ;
la croissance lente, la hausse des prix des matières premières ou la réduction nécessaire du levier d’endettement vont conduire à un surcroît de délocalisations et à un freinage, même une diminution, des salaires ;
non seulement la taxation accrue des salaires, du côté des
entreprises, mais aussi celle des profits des entreprises conduit à une réduction des salaires ;
des règles imposant des fonds propres plus élevés (banques,
assurance) conduiront soit à une prise de risque plus grande, soit, si c’est possible, aussi à une baisse des salaires.
Il est donc urgent après la crise, pour éviter une compression massive des masses salariales, de réfléchir aux moyens de réduire la rentabilité exigée du capital : actionnaires publics ayant des exigences plus faibles, normes comptables et réglementaires plus favorables aux investissements en capital des investisseurs à long terme, une prise en compte rationnelle du risque pour le calcul du rendement du capital, corrigé du risque.
Pour que la crise n’ait pas un effet dramatique sur les revenus salariaux, ce qui est déjà le cas (graphique 10) il faudrait donc que l’exigence de rentabilité
du capital soit réduite.
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